MANAGEMENT 3.0 : LE MANAGEMENT DE FACILITATION

Je ne vais pas vous encombrer avec les notions et définitions du management que vous connaissez déjà. Je voudrais plutôt partager avec vous mes observations à travers mes formations et surtout la pratique que je fais du management aujourd’hui. Je suis conforté dans cette conclusion quand je lis également d’autres auteurs autorisés en matière de management du 21 siècle. On assiste ni plus ni moins au management de la facilitation. L’autocratie et la démocratie en management ne fonctionnent  plus. Il y a des nostalgiques du management autocrate qui essaient de résister mais ce style est pratiquement à l’agonie. Même à la maison en famille, il est difficile d’être autocrate avec les enfants que nous avons aujourd’hui. Si nous regardons au niveau des états, la plupart des dirigeants des pays se rendent compte qu’ils ne peuvent plus utiliser la force. Certains pays essaient de créer des systèmes mixtes qui peuvent toujours leur permettre de garder la main. Mais en réalité, ils sont conscients qu’ils ne peuvent plus contrôler les gens.

  • MANAGER AUTOCRATE

Vous connaissez ce type de chef, qui dispose de la science infuse et n’accepte pas de critique. Il a toujours raison même si manifestement on va droit dans le mur. J’ai remarqué que généralement ce sont les gens qui n’ont pas eu la chance de se faire accompagner et qui ont dû se faire par eux-mêmes, qui utilisent beaucoup plus cette méthode. Pour certains, les postes ont été créés avec eux ou pour eux dans les entreprises. Il n’y avait donc pas de procédures, de textes ou pratiquement rien. Ils ont dû se jeter à l’eau et ont utilisé leur bon sens pour mettre petitement en place des procédures et des méthodes de travail. Puisque les postes ont vu le jour avec eux, ce ne sont qu’eux qui maitrisent les choses dans le département ou la direction ou dans l’entreprise s’il s’agit du chef d’entreprise. A partir de ce moment, le poste est confondu à la personne, sa parole devient une parole d’évangile. Elle n’accepte pas de contradiction ou de remise en cause. Ainsi, lorsqu’une nouvelle personne arrive dans l’organisation, elle doit suivre à la lettre les instructions du DOYEN, qui ne perd jamais l’occasion de rappeler comment il a commencé, les difficultés rencontrées, les prouesses faites…, par conséquent, il n’y a que sa méthode et ses instructions qui passent. Si vous n’êtes pas d’accord, vous débarrassez le plancher. Dans le cas où il n’a pas le pouvoir de vous démettre, il vous complique la vie dans l’organisation jusqu’à ce que vous sortez du jeu. Les managers autodidactes tombent dans le piège du management autocrate. Ce sont des spécimens en voie de disparition mais il en reste encore quelques-uns. Parfois, les nouveaux managers très imbus d’eux-mêmes ou qui connaissent un succès rapide tombent dans le piège aussi parce qu’ils pensent que leur méthode est imparable. L’autocrate n’a pas peur des conflits et des affrontements il les fait taire par son attitude de suffisance contrairement au manager démocrate qui aime avoir l’avis de tout le monde.

 

  • MANAGER DEMOCRATE OU SYMPA

Ici nous avons à faire au manager qui a fait les grandes écoles de management à qui on a appris à écouter les gens et tenir compte de leurs avis. Et effectivement, il essaie d’écouter tout le monde avant de prendre ses décisions. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Il se trouve que le manager qui pratique trop la démocratie devient ce que j’appelle « UN MANAGER SYMPA », c’est-à-dire que tout le monde l’aime dans l’entreprise parce qu’il ne bouscule pas spécialement les gens dans leurs habitudes. Il essaie de faire plaisir à tout le monde et évite les conflits. A la limite, il préfère l’entente entre les gens avec des résultats moyens ou passables à la bousculade des habitudes qui peut amener la performance. Désolé, mais si vous êtes un manager sympa, ce n’est pas sûr que vous connaissez la performance. Vous serez certainement dans la moyenne mais pas la performance. Dernièrement, j’étais en séance de coaching avec un chef d’entreprise et je lui disais qu’un manager qui est aimé par tous ses collaborateurs n’est pas un bon manager à mon avis. Si tout le monde vous aime, c’est que vous faites plaisir aux gens, maintenant vous ne pouvez pas faire plaisir à tout le monde et connaître la performance, parce que cette dernière exige un niveau de discipline, d’engagement, de dévouement, de disponibilité…, que la plupart des gens ne sont pas prêts à donner ou supporter. Vous comprenez donc que tout le monde ne peut vous aimer. Même à la maison, il est difficile d’être démocrate sinon à la fin de la journée les enfants sont contents de vous mais en matière d’éducation, le résultat peut laisser à désirer. Avez-vous remarqué que le parent que les enfants aiment le plus, c’est le parent démocrate ? Ce n’est surtout pas celui qui est exigeant et impose la discipline.  Rassurez-vous, lorsque je parle de discipline et d’engagement, ce n’est pas au sens militaire du terme. On peut être doux et dur en même temps, on peut être cool et orienté résultat, on peut être attentionné et rigoureux en même temps. C’est ce que j’appelle de la facilitation.

  • MANAGER FACILITATEUR

Je disais dernièrement dans une de mes séances que les managers aujourd’hui ont à diriger des gens intelligents et parfois plus intelligents qu’eux, qui ont une estime de soi élevée, des gens qui pensent qu’ils peuvent faire mieux que le chef en place, des gens qui sont là juste pour quelques temps en attendant d’aller créer leur propre business… et cetera. Il est difficile donc d’être :

–         Autocrate dans ces conditions parce que la force ne peut pas fonctionner. Ils vont tous démissionner et vous quitter dans le meilleur des cas sinon ils vont fomenter un coup contre vous

–         Démocrate parce que vous avez plusieurs égos en présence. Ecouter tout le monde et faire plaisir à tous est pratiquement mission impossible.

 

Vous ne pouvez que faire de la facilitation comme un chef cuisinier qui doit faire tenir dans la même marmite ou sauce : le poisson, la crevette, les légumes, l’huile, le bouillon, le piment, l’ail… et cetera sachant que chaque ingrédient est convaincu que sans lui, la nourriture ne sera pas bonne à manger. Lorsque le cuisinier veut donc faire le plat, il sait qu’il doit d’abord mettre l’huile dans la poêle pour le chauffer et permettre à tous les autres ingrédients de pouvoir glisser aisément et former ensuite un mélange harmonieux et succulent à la fin. S’il commence par mettre le piment sans huiler la poêle, il va créer un choc thermique qui va dégager une odeur âcre et il aurait tout gâté. L’huile ici représente le leadership dont doit faire preuve le chef pour lubrifier les relations afin de permettre à tous les talents et potentiels d’éclore dans un ensemble qui permet d’atteindre l’objectif commun. Parfois, vous allez devoir négocier pour produire du résultat. Vous allez devoir vous intéresser aux défis personnels et à la vie de vos collaborateurs afin de venir à leurs secours émotionnels pour qu’ils puissent produire du résultat. Il se trouve que : C’EST CELUI QUI SE SENT BIEN, QUI FAIT BIEN LES CHOSES. Ainsi pour que vos collaborateurs puissent faire le job, le vôtre c’est de vous assurer qu’ils se sentent bien dans leur peau. La facilitation managériale veut que vous puissiez en tant que chef créer les conditions d’excellence et mettre en place un environnement de dépassement de soi qui permet de produire du résultat. Un coach sportif ne joue pas sur le terrain, mais il fait en sorte que ses joueurs soient dans un état d’esprit optimal qui permet de produire du résultat dans n’importe quelle condition. Parfois pour que votre enfant puisse se brosser les dents le soir avant de se coucher, vous allez devoir négocier avec lui ou signer un accord avec lui pour qu’il puisse le faire. Le manager facilitateur est donc celui qui de par son attitude, potentiel, capacité, état d’esprit…, arrive à permettre aux différents talents de s’exprimer pour réussir la mission d’une entreprise ou d’une organisation, même s’il n’est pas le plus fort ou le plus intelligent.

 

Alors quel style voulez-vous adopter ?

A votre management !

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